Article 15 : La transatlantique et ses préparatifs !

Simon

6/20/202514 min read

Antigua et les préparatifs :

Nous sommes arrivés à Jolly Harbour sur l’île d’Antigua le 22 avril au matin. Après une nuit sportive, nous mouillons aux premières lueurs du jour dans les eaux turquoise de Mosquito Bay. Ni une ni deux, l’annexe est mise à l’eau pour effectuer le dédouanement et visiter le port de Jolly Harbour.

À 5 sur notre annexe, le décor qui s’offre à nous en s’enfonçant dans l’étroit bras de mer de Jolly Harbour est surréaliste : partout, des maisons aux toits colorés bordent l’eau, avec chacune en guise de place de parking, un ponton privatif. Ce paysage luxueux contraste avec la beauté sauvage de la Guadeloupe, mais il n’est pas déplaisant de naviguer paisiblement dans ces canaux bordés de maisons colorées.

Une fois à terre, on sent qu’il s’agit d’un gros repère de voileux, tout est centré autour de la marina : un café, un bar et un restaurant (italien !?) bordent les pontons. Plus loin, un énorme shipchandler entouré d’un important chantier naval n’attend que les régatiers locaux et les navigateurs en partance pour les Bermudes ou la transat’.

Et ça tombe bien ! Il nous reste quelques préparatifs de dernière minute avant la transat. De plus, pendant la dernière navigation, nous avons repéré un bruit étrange lorsque nous naviguions au moteur, ce qui nous donne envie d’inspecter proprement le bateau une dernière fois avant de partir. Le bateau ayant bien besoin d’un carénage et d’un changement d’anodes, nous prenons la décision de profiter du chantier naval pour sortir le bateau à Jolly Harbour avant de partir en transat.

La date est fixée, Tiboulen quittera son élément naturel le lundi 28 avril en fin de journée, les grutiers ayant accepté de nous trouver un créneau en dehors de leurs heures de travail.

Nous sommes alors le vendredi 25 avril, il nous reste 2 jours avant le levage et nous décidons donc de bouger dans le micro-archipel de Long Island au nord-est d’Antigua. Au programme : du snorkeling avec des raies, la visite de petites îles sauvages et une belle session de wing durant la journée de dimanche.

Nous levons l’ancre dans la matinée du 28 pour rejoindre Jolly Harbour et sortir Tiboulen de l’eau. La manœuvre se passe sans encombre et l’équipage est émerveillé de voir notre fidèle monture s’élever dans les airs. Le bateau est rapidement posé sur des bers et nous sommes contraints de quitter temporairement notre maison flottante, car le chantier n’autorise pas à dormir sur le bateau lorsqu’il est hors de l’eau. Nous louons alors une voiture en dernière minute à l’aide d’un contact rencontré sur le port pour nous enfoncer dans le cœur de l’île en direction de Saint John’s, sa capitale, pour rejoindre un Airbnb où nous passerons les 2 prochaines nuits.

En s’enfonçant dans l’île, très vite les villas avec ponton privatif laissent place à des habitations plus modestes, parfois de simples mobile-homes posés sur des parpaings. Les routes sont bordées d’échoppes vendant tantôt des fruits et légumes, tantôt de la street food. Autour des zones d’habitation, la végétation est luxuriante et dense, elle prend parfois même des allures de jungle.

Nous profitons de ces 2 jours à terre pour visiter l’île et fignoler les préparatifs : modification des points d’accroche des bosses de ris, ajout de petits taquets pour verrouiller certains tiroirs dans la houle (les modèles annoncent une grosse houle, on préfère assurer le coup en arrimant tout ce qui peut l’être), dernier avitaillement et préparation des bidons de gasoil.

Les premières prévisions météo annoncent une bulle sans vent d’environ 300 milles restant stationnaire pendant plusieurs jours. Comme Simon doit reprendre le boulot le 2 juin, nous ne voulons pas risquer d’être bloqués pendant plusieurs jours sans pouvoir avancer. Du coup, nous avons entrepris de rentrer le plus de bidon possible dans les coffres encore libres : coffre arrière et baille à mouillage seront donc remplis. Au final, nous parvenons à rentrer environ 5 jours d’autonomie. C’est beaucoup, mais ça nous permet de partir l’esprit tranquille. De toute façon, ce gasoil finira par être utilisé d’ici à Bandol.

Tiboulen touche de nouveau l’eau le 30 mai en fin de journée.

Les modèles annoncent un départ plutôt favorable dès le 1er mai : un départ au près dans 15 nœuds de vent pendant 2 ou 3 jours avant de rencontrer notre première bulle sans vent. Nous avions donc prévu de partir le 1er en début d’après-midi après avoir chargé l’avitaillement.

Seulement voilà, faire l’avitaillement, ranger le bateau, ça prend toujours du temps, toujours plus que ce que l’on voudrait… Alors on passe déjà la matinée du 1er à trouver un magasin correctement achalandé pour faire nos courses de frais. Ce n’est pas facile, car la plupart des produits sont américains et ne nous donnent vraiment pas envie. Jules, Faustine et Marine trouvent finalement un semblant de supermarché pour faire les courses de secs et dégotent un magasin italien pour acheter des aliments plaisir. Nos meilleurs ingrédients sont donc glanés chez l’Italien : une sorte de saucisson italien, quelques tranches de poitrine fumée et surtout 500 grammes de parmesan !
Les fruits et légumes sont achetés chez un vendeur de rue, et nous achetons une tonne d’agrumes en espérant les conserver jusqu’à l’arrivée.

Voilà déjà qu’il est 18h et que nous sommes bien fatigués de notre journée. Nous décidons alors de retourner mouiller dans Mosquito Bay pour partir le lendemain matin à 8h pétantes.

Départ en transat :

Nous sommes le 2 mai. Réveillés vers 7h du matin, l’excitation est palpable. Après un petit-déjeuner rapide, on fait le dernier point météo : la météo nous promet deux jours de vent nord-est à 15 nœuds, puis une bulle sans vent où nous utiliserons le moteur pour nous dégager le plus vite possible. Ensuite, le vent forcira à 25-30 nœuds avec de la houle.

Le plan est simple : nous monterons au nord sur un long bord de près, tribord amure, jusqu’à toucher des vents portants qui nous emmèneront sur les Açores.

Ça y est, l’heure est venue !
Faustine, à la barre, gère les manœuvres comme une pro, tandis que Jules est au guindeau, prêt à remonter l’ancre. L’ancre remonte et le bateau s’éloigne lentement de Mosquito Bay. Nous affalons le drapeau d’Antigua et hissons les voiles.

Une légère brise se lève, nous partons grand-voile et génois pleins, cap plein nord ! Comme un appel du large, le vent monte progressivement et on file déjà à 7,5 nœuds. On ne pouvait pas rêver mieux. L’excitation se lit dans nos yeux !

Peu à peu, l’effervescence laisse place à une routine tranquille : certains préparent le repas du midi, d’autres entament leur premier livre sous le soleil des Antilles.

Vers midi, nous décidons de passer à l’ouest d’Antigua, le vent ne nous permettant pas de passer à l’est.

Vers 18h, alors que nous sommes désormais à environ 70 milles des côtes, nous réalisons notre première erreur : notre abonnement Starlink n’est pas configuré pour le large.
Nous avons deux options : continuer sans Starlink pendant toute la traversée — une vraie déconnexion mais l’impossibilité de prendre la météo — ou nous dérouter sur Saint-Martin pour récupérer de la connexion et changer les paramètres de l’abonnement.
Après réflexion, nous décidons de ne pas prendre de risque et de nous dérouter en direction de Saint-Martin. Il est trop tôt pour prendre des risques inutiles et une demi-journée de perdue vaut bien plus le coup que le risque d’être piégés dans une dépression non anticipée.
Nous touchons du réseau à environ 15 milles de Saint-Martin dans la nuit du 2 au 3. Nous remettons immédiatement cap au nord, toujours au près.

Les deux jours suivants, on profite d’une mer lisse, naviguant entre grand-voile et code zéro, le bateau glisse comme dans un rêve.

Le matin du quatrième jour, on se réveille sur un océan plat. C’est la pétole ! La vraie, sans un souffle de vent, nous nous retrouvons entourés d’une mer d’huile. C’est à la fois apaisant et un peu intimidant de voir l’océan aussi calme.
Bien sûr, nous ne pouvons pas résister à l’envie de piquer une tête ! Ça faisait déjà trois jours qu’on n’avait pas mis un pied à l’eau, alors tout le monde y passe. Si l’eau turquoise et encore chaude nous donnait envie depuis le pont, une fois dans l’eau, les 6000 m de profondeur sont quand même très intimidants, voire inquiétants ! Après quelques brasses, l’équipage remonte finalement assez vite à bord.

Le soir venu, nous profitons du calme pour faire soirée pizza ! Jules cuisine trois pizzas avec les ingrédients glanés à Antigua, notamment chez l’Italien, et on savoure chaque bouchée. Elles sont excellentes ! On regarde le coucher de soleil, un petit punch à la main et une part de pizza dans l’autre, profitant ensemble de ce moment suspendu.

C’est dans la matinée du cinquième jour que le vent commence timidement à revenir. D’abord 7 nœuds, puis 8, puis 9 nœuds de vent, toujours au bon plein. On décide alors de remettre la grand-voile et le code zéro pour repartir à la voile. Avec environ 10 nœuds de vent, le bateau file déjà à 6 nœuds. C’est là qu’on a vraiment compris la magie du code zéro sur ce bateau : avec si peu de vent, le bateau glisse sans un bruit, juste le doux son de l’eau contre la carène. Pas une vague à l’horizon, c’est magique.

Le 6e jour se déroule de manière similaire : le bateau glisse, et le vent est calme et régulier.
C’est très tôt dans la matinée du 7e jour que l’on commence à voir des orages. Le vent monte et s’établit aux alentours de 23 nœuds, avec des rafales à 27-28 nœuds. Nous avons réduit la surface de voile avec ris 2 dans la grand-voile et un petit bout de génois.
Malgré l’absence de trinquette, le bateau remonte plutôt bien dans ces conditions. En revanche, l’apparition de vagues d’environ 2,5 m rend la navigation très inconfortable : toutes les 30 secondes, le bateau tape fort dans le creux de la vague, ce qui fait absolument tout trembler. Rapidement, on commence à prendre des grains où le vent chatouille parfois les 40 nœuds.
Pour mieux gérer les vagues et le vent irrégulier, nous barrons en permanence. C’est fatiguant, car il faut toujours un équipier à la barre et un autre pour régler les voiles. Malgré les conditions, personne n’a de mal de mer sévère, et même si nous sommes impressionnés par les conditions, nous sommes confiants dans notre capacité à continuer d’avancer sans casse et dans la bonne direction !

Ces conditions vont durer environ 35 heures. C’est au matin du 9e jour que nous sortons des orages et que le vent et la mer commencent à baisser. Nous sommes épuisés et contents d’enfin sortir de cette zone. Même si le bateau passait bien, il devenait difficile de dormir. Depuis quelques jours déjà, la cabine avant est indormable. Ben a dû se déplacer sur le sol du carré et Faustine dort maintenant à l’arrière avec Marine.

Durant ce 9e jour, nous sommes toujours au près dans 18 nœuds de vent et nous profitons de cette accalmie pour faire du rangement et du nettoyage dans le bateau. Il était temps ! Nous retrouvons sous les meubles toutes sortes d’objets tombés durant les 2 derniers jours.
Nous recommençons aussi à cuisiner des plats plus élaborés et ça fait plaisir ! Cela faisait presque deux jours que nous ne mangions plus que de la semoule ou autre taboulé. Aujourd’hui, gâteau et risotto sont au programme !

Nous sommes maintenant à la même latitude que les Bermudes et nous attendons une bascule nous apportant du vent portant. Jules et Simon sont dehors lorsqu’un grain inattendu nous tombe dessus. Il est sombre et violent, nous réduisons en pensant repartir à la guerre comme durant les 2 derniers jours, mais il passe aussi rapidement qu’il est arrivé, laissant derrière lui… un vent portant !! Ça y est, la bascule est passée. Elle était violente, mais nous sommes désormais dans 15 nœuds de vent nous poussant au large, cap droit sur les Açores !

Nous avons pris la météo et les nouvelles sont rudes. Entre l’anticyclone et des dépressions passant au nord, le vent va forcir et nous devons choisir : si nous passons trop au nord, c’est plus de 5 m de houle et 40 nœuds de vent qui nous attendent. Si nous passons trop au sud, les conditions seront plus calmes, mais la fin de la transat s’annonce plus incertaine. Nous décidons de prendre une route intermédiaire où la météo annonce environ 30 nœuds de vent et 4 m de houle.

C’est au matin du 10e jour que le vent et la mer commencent à monter. Nous sommes plein vent arrière et nous prenons déjà 25 nœuds de vent. Le vent continuera de monter jusqu’à 30 nœuds bien établis. En prévision, nous avons pris le 3e ris et bien ferlé la grand-voile pour limiter la prise au vent.

La mer est impressionnante : dans les séries, lorsque nous sommes au creux de la vague, le pic de la suivante atteint la hauteur des premières barres de flèches.
Malgré ces conditions impressionnantes, le comportement du bateau est sain, même sous pilote. À tel point que l’on se surprend à cuisiner et à passer du temps à l’intérieur sans être inquiétés par les mouvements du bateau.

Notre 11e jour de mer arrive, et pour certains, le temps en mer commence à se faire long. Il faut reconnaître que, malgré la super ambiance à bord, se faire ballotter incessamment par la mer durant 11 jours, ça use !

D’autant plus que les conditions ne s’améliorent pas. Dans la matinée, nous prenons quelques grains, l’anémomètre frisant les 40 nœuds de temps à autre.
Dans un grain plus gros que les autres, nous décidons d’affaler la grand-voile pour naviguer sous génois seul. Durant la manœuvre, alors que nous n’avons plus aucune voile de sortie, le bateau surfe sur une vague et atteint 13 nœuds. C’est impressionnant. On ressent alors toute la puissance de la mer, à quel point nous sommes petits face à elle et combien il nous faut absolument rester humbles devant cette masse irrésistible qui emporte tout sur son passage.

Les grains étant passés, nous allons remonter la grand-voile. Tout l’équipage est sur le pont, chacun à son poste, la grand-voile monte alors que le bateau tape face aux vagues et là… catastrophe : la grand-voile se déchire sur plus de 15 cm !
Dans la manœuvre, nous avons par erreur relâché la bosse de ris, un bout qui tient la voile accrochée à la bôme. Cette erreur a eu pour effet de faire reposer la bôme sur les anneaux de ferlage (des petits anneaux par lesquels nous avions passé des bouts pour limiter la prise au vent précédemment), et l’un d’entre eux, ne résistant pas à la pression, a déchiré la voile sur 15 cm.
Nous affalons rapidement et reprenons notre route sous génois seul. Dans notre malheur, nous avons de la chance : devant nous, au moins 4 jours de conditions nous permettant de naviguer en utilisant uniquement notre voile d’avant. Mais le bateau s’en trouve ralenti et ses mouvements sont beaucoup moins agréables. Il va falloir réparer.

Heureusement, nous avons un kit de réparation à bord. Mais il faut prendre une décision : est-ce qu’on essaye de réparer sur le pont malgré le vent et les embruns, ou est-ce qu’on démonte la grand-voile pour la rentrer à l’intérieur malgré les conditions : 28 nœuds de vent et 3,5 m de houle.

La décision n’est pas facile à prendre, mais nous décidons de démonter la grand-voile pour la rentrer dans le carré, où nous pourrons calmement faire une réparation solide et durable.

Après avoir englouti un repas, bien préparé et réfléchi la manœuvre, nous nous lançons. Nous démontons consciencieusement la grand-voile en prenant garde de ne jamais se mettre en danger (les vagues mouillant parfois le pont), et après seulement 1h30 de manœuvre, la grand-voile est dans le carré, prête à être réparée.
À ce moment, les émotions sont partagées : nous sommes fiers d’avoir sorti la grand-voile sans encombre, fiers que l’ambiance reste bonne malgré cette galère, mais il s’agit probablement de l’un des moments les plus difficiles de la transatlantique : le bateau est sens dessus-dessous, la voile rend les déplacements à l’intérieur compliqués, et surtout nous savons que la réparation va être longue, et que pendant ce temps, nous avançons moins vite et sommes ballotés par les vagues.

Alors sans tarder, on se met au boulot : Faustine et Simon coudront la voile avec un renfort pendant que Marine, Jules et Ben assureront la marche du bateau. Il nous aura fallu une journée complète de couture étalée sur 2 jours pour effectuer la réparation. Après avoir remis la voile en place, nous sommes épuisés. Mais la réparation tient et le vent s’est calmé, alors le moral remonte et les blagues reviennent !

Cela fait désormais 13 jours que nous sommes en mer et les routages annoncent une arrivée le 21 mai, c’est pour bientôt !

Désormais, la navigation est facile, le vent et la mer ont bien baissé et nous poussent droit sur les Açores à un solide 6,5 nœuds de moyenne.
L’équipage a hâte d’arriver et l’impatience de pouvoir fouler le sol commence à se faire sentir.

Jules n’a pas le temps de se remettre des émotions de l’épisode de la grand-voile qu’il tombe malade : c’est impressionnant, il a froid, transpire beaucoup et sent comme une boule dans la gorge.
Heureusement, Ben connaît bien ces symptômes : c’est la dengue, qu’il a lui-même eue quelques semaines plus tôt. C’est embêtant, mais nous ne sommes pas surpris. En effet, à Antigua, nous nous sommes énormément fait piquer par les moustiques (en même temps : Mosquito Bay… c’était dans le nom). Jules est immédiatement mis hors quart et nous surveillons son état. Dans la plupart des cas, la dengue n’est pas méchante, mais il arrive que la situation dégénère. Compte tenu de notre situation, il faut être vigilant, car il serait difficile d’avoir rapidement accès à des soins. Heureusement, en 24h, Jules va déjà beaucoup mieux. Nous sommes donc rassurés !

Les derniers jours sont calmes et se ressemblent. Les nuits sont magiques : nous sommes régulièrement escortés par des dauphins qui, dans la bioluminescence, semblent tout droit sortis d’Avatar. C’est magnifique.

Nous sommes déjà le 20 mai au soir, et nous sommes à 70 milles d’Horta. Nous arriverons le 21 mai aux alentours de 8h. Il est difficile de trouver le sommeil lors de la dernière nuit, tant l’excitation est palpable.

Le 21 mai, vers 6h, on distingue clairement les falaises de Faial. Avec la brume et les nuages bas, l’île a des allures mystérieuses, presque mystiques. Elle semble sortir de nulle part. Nous longeons les falaises pendant environ 2 heures jusqu’au port d’Horta. En affalant les voiles, chacun est fébrile, on ressent l’émotion de l’arrivée.
Nous mouillons dans le port d’Horta à 07h UTC, 17 jours et 18 heures après notre départ de Jolly Harbour.
Il est difficile de décrire l’émotion qui nous habite : c’est un mélange d’excitation, de fierté, de fatigue aussi. Mais surtout, le plus marquant, ce sont les souvenirs que l’on a forgés à 5, loin du moindre bout de terre.